Que sont les effets?

Autrefois, les effets désignaient les bagages ou des biens mobiliers allgemein, gemeint. Aujourd’hui, on utilise ce mot dans le monde de la bourse, où il renvoie à des titres (à ordre ou au porteur).

Dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, ce terme renvoie aux objets personnels que les détenus doivent déposer à leur arrivée dans les camps de concentration et qu’ils récupèrent parfois après leur libération.

Portefeuilles, papiers d’identité, photos, lettres, certificats… mais aussi des bijoux, des étuis à cigarettes, des alliances, des montres de poche ou bracelet, ou encore des stylos-plumes racontent la vie de ces personnes avant leur détention, tout en faisant ressortir de manière saisissante leur perte.

Tous les camps comprennent des dépôts d’effets personnels où sont gardés les vêtements et objets confisqués.

Quand les détenus sont transférés dans un autre camp, une procédure très courante, la SS fait suivre leurs effets.

Ce n’est pas le cas dans les centres de mise à mort. Là les bourreaux se contentent de collecter les possessions des victimes – et de les expédier ailleurs. Les nazis monnaient ce butin pour remplir leurs caisses de guerre.

Les effets conservés aux Arolsen Archives viennent principalement du camp de Neuengamme et, dans une moindre mesure, de celui de Dachau.

S’y ajoutent des petits fonds du camp de Bergen-Belsen et de la Gestapo hambourgeoise. Leurs propriétaires sont en grande majorité des personnes persécutées pour des motifs politiques et des travailleuses ou travailleurs forcés incarcérés en camps de concentration. Ils sont originaires de plus de 30 nations, en majorité d’Europe centrale et orientale. Parmi les effets de Dachau se trouvent également beaucoup d’objets de détenus allemands.

Les possessions des déportés juifs dans les camps sont rares dans le fonds des Arolsen Archives et appartiennent essentiellement à des Juifs hongrois qui ne sont pas tués à leur arrivée, mais déportés à Neuengamme pendant les derniers mois de la guerre pour y être astreints au travail forcé. De même, on n’y trouve pratiquement pas d’effets de Sinti et Roms. Ce groupe de persécutés est également assassiné dans les centres de mise à mort et leurs biens vont grossir les caisses nazies.

Au camp de Neuengamme, le SS Sturmbannführer Christoph-Heinz Gehring, chef de l’administration, charge en avril 1945 l’Unterscharführer Franz Wulf de trouver des dépôts pour entreposer les biens des détenus de Neuengamme et de ses camps annexes.

Wulf se rend alors dans sa ville natale de Lunden et fait le nécessaire pour que les objets soient stockés dans la pièce d’un restaurant qui abrite des pistes de quilles .

Peu après la libération, l’armée britannique saisit les biens des détenus.

En 1948, les Britanniques font parvenir les objets pour restitution au Zentralamt für Vermögensverwaltung (Service central d’administration du patrimoine), qui devient en 1955 le Verwaltungsamt für innere Restitution (Service administratif de restitution intérieure), situé à Stadthagen.

Les effets provenant du camp de concentration de Bergen-Belsen sont retrouvés dans un état déplorable dans une agence de la Reichsbank à Lunebourg. Ils ont été pillés et délibérément détruits. Il n’est possible d’identifier qu’une centaine de leurs propriétaires.

Les effets provenant du camp de concentration de Dachau sont gérés par d’anciens détenus qui en remettent une grande partie aux survivants.

Mais cela n’est pas toujours possible, par exemple pour les détenus des camps annexes.

Après diverses étapes intermédiaires dans d’autres institutions, les effets arrivent finalement à Arolsen en 1963.

Les Arolsen Archives s’attellent alors à rechercher leurs propriétaires légitimes, les survivants et leurs familles.

En 1963, ce sont plus de 4 700 enveloppes contenant des effets personnels d’anciens détenus qu’il leur faut conserver et restituer.

À ce jour, plusieurs centaines d’effets ont été rendus à leurs propriétaires ou à leurs descendants. Les objets qui se trouvent encore dans les Archives sont ceux dont l’enquête de restitution s’est au fil des décennies soldée par un échec.

Ces dernières années, de nouvelles possibilités de recherches en ligne ainsi qu’un réseau international de bénévoles ont permis d’accroître grandement le nombre de restitutions. En décembre 2021, les Archives conservent encore 2500 enveloppes avec des effets d’anciens détenus, dont les propriétaires légitimes n’ont pas encore pu être identifiés.

Aidez-nous dans nos recherches !

Projets scolaires et de médiation

Parce qu’ils sont concrets, les « effets » et les destins de leurs propriétaires offrent des possibilités passionnantes d’apprentissage par la recherche sur la répression nazie, que ce soit en cours ou dans le cadre de projets. Ceux qui veulent aller plus loin peuvent aider à trouver des familles. Le matériel est désormais disponible en allemand et en anglais et le sera bientôt en français.

Initiation thématique

Que sont les effets et quelles recherches nous permettent-ils de mener ? Ressources pour une brève introduction à la thématique au début d’un cours ou d’une journée de projet.

Unité d’enseignement 1

Réflexion sur la répression nazie à partir de destins individuels : unité d’enseignement sur les personnes présentées sous « Memories » ; conception d’une frise chronologique.

Unité d’enseignement 2

Les effets des détenus de camps comme clé pour étudier la répression nazie : unité d’enseignement approfondie avec dossiers sur 20 biographies et une carte de l’Europe.

Unité d’enseignement 3

Aider à la restitution ! Posts Instagram sur l’aide à la recherche de proches : unité d’enseignement avec carte interactive, rédaction de ses propres avis de recherche.

Qui sommes-nous ?

Vous pouvez en apprendre plus sur notre travail en consultant notre site internet. Vous y lirez aussi ce que vous pouvez faire pour garder la mémoire et l’histoire vivantes.

Arolsen Archives

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