Voici Helena Poterska.

Née le
25 avril 1925
à Poznań, en Pologne.

Helena a une enfance choyée. Dans une famille aimante. Trois frères. Une sœur.

Bonne élève, elle va au lycée – elle veut devenir enseignante.

Elle a 16 ans quand la Gestapo l’arrête.

En 1939, les Allemands envahissent la Pologne. Ils instaurent un régime de terreur qui réprime brutalement toute résistance des Polonais et anéantit presque la population juive. Poznan devient Posen et la capitale du nouveau Reichsgau Wartheland. Une grande partie de la population polonaise est déplacée, déportée en camp ou astreinte au travail forcé.

Sur le chemin de l’école. Elle est poussée dans une auto avec son amie Wanda et enlevée.

Comme ça.
Sans raison.

On lui prend les boucles d’oreille, qu’elle porte – on la sépare de Wanda.

Helena va en camp de concen- tration.

D’abord dans le Fort VII à Posen.

Le Fort VII Colomb est un lieu de terreur. Des milliers de Polonais y sont probablement assassinés entre 1939 et 1945. C’est un camp de la SS et de la Gestapo locale.

Puis de
camp en
camp.

De Posen commence une odyssée à travers divers camps et camps annexes. Un document des Arolsen Archives nous indique qu’Helena arrive à Ravensbrück, un camp de concentration pour femmes, le 15 mars 1944.

Souvent, elle ignore, où elle se trouve.

4 ans dans des conditions inhumaines.

4 ans de travail forcé.

Le dernier camp dans lequel Helena est forcée de travailler est un camp annexe de Neuengamme, à Salzgitter. Près de 800 femmes doivent fabriquer des obus pour les Stahlwerke Braunschweig, une aciérie de Brunswick. Cela signifie un travail très pénible dans des conditions de sous-alimentation et d’hygiène effroyables.

4 ans
d’angoisse extrême.

Elle est libérée au printemps 1945. Elle a 20 ans.

Pour de nombreux détenus, les libérateurs arrivent littéralement à la dernière minute. Des milliers décèdent juste avant ou mourront dans les jours et semaines qui suivent. Contrairement à ces femmes du camp de Ravensbrück, beaucoup de survivants sont trop faibles pour s’asseoir ou marcher.

De nombreux survivants sont d’une maigreur extrême et soignés dans des Displaced Persons Camps ou camps de personnes déplacées.

Les Alliés forgent le concept de Displaced Persons. Lorsqu’ils libèrent l’Allemagne et les pays qu’elle occupait, ils tombent sur près de douze millions de personnes que la répression a éloignées de leur patrie. Leurs itinéraires de vie et de persécution varient grandement.

À Salzgitter, dans son « petit bungalow ». Helena peut enfin se sentir à nouveau humaine .

Tous les jours, des prisonniers de guerre allemands défilent devant le camp.

Après la guerre, des millions de soldats allemands sont faits prisonniers en Allemagne comme dans les anciens territoires occupés. La photo montre des prisonniers de l’armée américaine.

Helena a pitié d’eux. Elle jette de la nourriture et des cigarettes aux hommes.

Et elle s’entretient plus longuement avec l’un d’eux. Bientôt tous les jours. Le long de la clôture.

Portrait d’Helmut Gutleber

Une relation inconcevable juste après la guerre.

Helmut s’évade et part avec Helena. À pied. De Salzgitter à Würzburg.

Une évasion vers une nouvelle vie.

À Würzburg, ils se marient, ont une première fille. Mais ils se heurtent pendant des années à des réactions de rejet. Un Allemand et une Polonaise ?

Dans la tête de beaucoup de gens, la guerre n’est pas terminée.

Mais Helena est fermement décidée à se bâtir une vie normale. Ce ne sont pas les expériences de la guerre qui doivent la définir. Elle apprend à parler couramment allemand, fait une carrière et élève aussi tendrement ses enfants qu’elle l’a été par ses parents. Elle reste un être sociable et chaleureux, même si le traumatisme des années de guerre pèse toute sa vie sur elle.

Elle n’oubliera jamais les cris des gens dans les camps.

La guerre froide complique les contacts avec sa famille à Poznań. Helena entre toutefois clandestinement en Pologne grâce à des passeurs. Elle arrive jusque chez elle. Mais elle est arrêtée le lendemain. Elle passe 9 mois en prison. Pour espionnage. Elle parvient finalement à retrouver son mari et sa fille en Allemagne. Elle n’a jamais revu sa mère ni ses frères et sœurs.

Mais les boucles d’oreille que les nazis ont prises à Helena lors de son arrestation sont parvenues jusqu’à ses filles, 77 ans plus tard. Un souvenir de la jeunesse volée de la courageuse Helena Poterska.

Vers la page d’effets d’Helena

Projets scolaires et de médiation

Parce qu’ils sont concrets, les « effets » et les destins de leurs propriétaires offrent des possibilités passionnantes d’apprentissage par la recherche sur la répression nazie, que ce soit en cours ou dans le cadre de projets. Ceux qui veulent aller plus loin peuvent aider à trouver des familles. Le matériel est désormais disponible en allemand et en anglais et le sera bientôt en français.

Initiation thématique

Que sont les effets et quelles recherches nous permettent-ils de mener ? Ressources pour une brève introduction à la thématique au début d’un cours ou d’une journée de projet.

Unité d’enseignement 1

Réflexion sur la répression nazie à partir de destins individuels : unité d’enseignement sur les personnes présentées sous « Memories » ; conception d’une frise chronologique.

Unité d’enseignement 2

Les effets des détenus de camps comme clé pour étudier la répression nazie : unité d’enseignement approfondie avec dossiers sur 20 biographies et une carte de l’Europe.

Unité d’enseignement 3

Aider à la restitution ! Posts Instagram sur l’aide à la recherche de proches : unité d’enseignement avec carte interactive, rédaction de ses propres avis de recherche.

Qui sommes-nous ?

Vous pouvez en apprendre plus sur notre travail en consultant notre site internet. Vous y lirez aussi ce que vous pouvez faire pour garder la mémoire et l’histoire vivantes.

Arolsen Archives