Voici Johannes Berens

Né le
27 janvier 1924
à Rotterdam, Pays-Bas. L’aîné de trois enfants.

Il suit la voie de son père et devient policier.

Après le bombardement de leur maison au cours d’une attaque aérienne des Allemands, il ne reste plus que de maigres souvenirs aux Berens.

En mai 1940, l’Allemagne nazie agresse les Pays-Bas, un État neutre. Afin de s’assurer une conquête rapide, la Luftwaffe se met à bombarder intensément Rotterdam le 14 mai. Les Pays-Bas sont contraints de capituler et les Allemands instaurent un régime d’occupation.

Ce que nous savons de Johannes tient dans les quelques photos et documents qu’il garde dans son portefeuille.

Peut-être aime-t-il aller danser?

En tout cas, il a cette carte de membre sur lui.

Il connaît beaucoup de jeunes filles. Peut-être ne sont-elles que des amies, peut-être ses petites amies.

Il aime apparemment le sport et est très probablement fumeur…

…mais au fond nous ne pouvons que jouer aux devinettes.

Il est sûr en tout cas qu’il est courageux. Courageux et droit.

Il ne fait pas partie de ceux qui obéissent aveuglément aux ordres.

Dès le début de l’occupation, les Allemands édictent les premières mesures d’exclusion des Juifs de la vie publique. Plus tard suivent les rafles et les déportations dans les centres de mise à mort.

Johannes devrait aider à dénicher les Juifs qui se cachent et à les envoyer en camp.

Beaucoup de familles juives tentent de se cacher pour échapper à la répression et à la déportation. Environ un tiers de ces 30 000 personnes est dénoncé ou découvert puis déporté, dont Anne Frank et sa famille.

Johannes refuse.

En conséquence, les nazis le déportent en octobre 1944 au camp de concentration de Neuengamme à Hambourg.

Ils lui attribuent le matricule 56240.

Dans les camps, les détenus reçoivent à leur arrivée un numéro d’enregistrement. Il est fixé sur les vêtements. À partir de là, leur nom ne compte plus. Ils doivent toujours se présenter par leur matricule et sont aussi appelés par ce numéro.

Il est astreint au travail forcé.

Les détenus sont affectés principalement sur les chantiers et dans l’industrie d’armement. Les travaux physiques extrêmement pénibles, conjugués à une sous-alimentation, des conditions sanitaires déplorables et des sévices entraînent un taux de mortalité élevé chez ces hommes et femmes.

Johannes est transféré au camp annexe de Meppen-Versen pour creuser des fossés antichars.

Le 25 mars 1945, la SS évacue le camp. Les détenus « capables de marcher » sont envoyés à Brême à pied.

La dernière étape est le camp mouroir de Sandbostel.

Johannes et des milliers de détenus sont livrés à eux-mêmes, sans nourriture ni assistance médicale.

Ceux qui, comme lui, sont encore en vie sont libérés e 29 avril 1945 par les Alliés.

Les soldats britanniques sont ébranlés par ce qu’ils découvrent dans le camp. Près de 2000 détenus décèdent dans les derniers jours précédant la libération.

Mais c’est rop tard pour Johannes.

Il meurt de tuberculose quelques jours après la libération. À 21 ans.

Peu après la fin du conflit, sa petite sœur Johanna trouve son nom sur une liste de victimes.

C’est aussi elle qui doit l’annoncer à leurs parents.

Qu’il n’a nicht pas survécu.

Il ne leur reste que les rares souvenirs qu’ils ont pu sauver de la guerre.

Il faudra 71 ans pour retrouver Johanna. Car il y a encore un portefeuille à lui remettre.

À l’intérieur, les objets personnels que son grand frère portait avec lui les derniers mois de sa vie.

Johanna reçoit aussi la seule photo d’enfance conservée de son grand frère, qu’elle ne connaissait pas.

Vers la page des titres de Johannes

Projets scolaires et de médiation

Parce qu’ils sont concrets, les « effets » et les destins de leurs propriétaires offrent des possibilités passionnantes d’apprentissage par la recherche sur la répression nazie, que ce soit en cours ou dans le cadre de projets. Ceux qui veulent aller plus loin peuvent aider à trouver des familles. Le matériel est désormais disponible en allemand et en anglais et le sera bientôt en français.

Initiation thématique

Que sont les effets et quelles recherches nous permettent-ils de mener ? Ressources pour une brève introduction à la thématique au début d’un cours ou d’une journée de projet.

Unité d’enseignement 1

Réflexion sur la répression nazie à partir de destins individuels : unité d’enseignement sur les personnes présentées sous « Memories » ; conception d’une frise chronologique.

Unité d’enseignement 2

Les effets des détenus de camps comme clé pour étudier la répression nazie : unité d’enseignement approfondie avec dossiers sur 20 biographies et une carte de l’Europe.

Unité d’enseignement 3

Aider à la restitution ! Posts Instagram sur l’aide à la recherche de proches : unité d’enseignement avec carte interactive, rédaction de ses propres avis de recherche.

Qui sommes-nous ?

Vous pouvez en apprendre plus sur notre travail en consultant notre site internet. Vous y lirez aussi ce que vous pouvez faire pour garder la mémoire et l’histoire vivantes.

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